Madagascar on Bike - Antananarivo - Madagascar
17.09.2011 - http://www.rfi.fr/afrique/20110917-madagascar-feuille-route-sortie-crise-est-signee
Madagascar: la feuille de route pour la sortie de crise est signée
Après des mois d’attente, la feuille de route de sortie de crise a été signée officiellement par la quasi-totalité des groupes politiques malgaches hier soir vendredi 16 septembre. Seule la mouvance de l’ancien président Didier Ratsiraka n’a pas signé le document. La SADC, la Communauté de développement de l’Afrique australe, a donc fini par faire accepter son schéma au régime actuel. Le texte prévoit que la transition soit toujours dirigée par Andry Rajoelina mais avec des institutions élargies aux mouvances d’opposition, et surtout le retour « sans conditions» de l’ancien président Marc Ravalomanana, en exil depuis le changement de pouvoir en mars 2009.
Le régime actuel accepte, après des mois de refus, le principe d’un retour « sans condition » du président évincé. Une annexe est néanmoins ajoutée au document pour rappeler que la justice malgache est souveraine, la SADC ne peut « annuler quelque condamnation judiciaire » ni déterminer les lois d’amnistie. Allusions aux condamnations par contumace de Marc Ravalomanana. Il a notamment écopé de travaux forcés à perpétuité pour la mort de 36 manifestants devant le palais présidentiel en février 2009.
Ce retour au pays n’est pas imminent, à en croire le porte-parole de sa mouvance, puisque l’ancien président devrait attendre la mise en place de nouvelles institutions de transition, ce qui n’est pas une mince affaire.
Des institutions « inclusives » et « consensuelles » doivent être établies, c’est-à-dire, incluant les 17 groupes qui ont signé le document hier vendredi, plus ceux qui pourront le signer ce samedi 17 septembre 2011. C’est ensuite que le président et le gouvernement de transition obtiendraient la reconnaissance internationale tant recherchée.
Face aux craintes de certains de voir un nouvel accord échouer sur la mise en œuvre, les délégués de la SADC ont assuré qu’ils accompagneraient le processus. La feuille de route prévoit la mise en place d’un bureau de la médiation à Madagascar. Sa mission s’achèvera le jour de l’investiture du président de la République. Et ce sera alors la fin de la période de transition.
ANTANANARIVO — Le Premier ministre malgache Camille Vital a présenté samedi un nouveau gouvernement de "transition d'union nationale", conformément à un plan de sortie de crise et dont la composition est sans surprise.
La nouvelle équipe du général Vital, reconduit le 16 mars dans ses fonctions de chef de gouvernement, est constituée de 32 ministres, dont huit étaient déjà en poste.
Le nouveau gouvernement compte deux ministres d'Etat, vingt-neuf ministres et un secrétaire d'Etat, qui se sont présentés un par un au Palais d'Etat de Iavoloha, en périphérie d?Antananarivo, où ils ont participé à une cérémonie officielle.
La composition de ce gouvernement est censée refléter toutes les tendances qui ont adhéré à une "feuille de route" proposée par la médiation internationale pour sortir le pays de la crise politique.
Il devra se contenter de "gérer les affaires courantes et d'aller au plus vite vers les élections", selon M. Vital.
Les deux changements majeurs sont les nominations comme ministres d'Etat de Pierrot Rajaonarivelo et de Yves Aimé Rakotoarisoa.
Le premier, chargé de l'Economie et de l'Industrie, est un ancien vice-Premier ministre de l'ex-président Didier Ratsiraka, qui soutient aujourd'hui le régime de transition d'Andry Rajoelina.
Le second, qui devra gérer les Relations avec les institutions, est l'un des leaders de la mouvance du président évincé Marc Ravalomanana, qui a finalement paraphé la "feuille de route" le 8 mars dernier, contre l'avis de son chef.
Le poste de ministre des Affaires étrangères est attribué à Yvette Sylla, veuve d'un ancien Premier ministre de M. Ravalomanana, et qui aura notamment la responsabilité de convaincre la communauté internationale de l'aspect consensuel du processus actuel.
Les "trois mouvances" des anciens présidents restent pour le moment à l'écart du nouveau gouvernement, même si Elysée Ratsiraka, frère cadet de l'ancien chef d'Etat devient responsable de l'Energie.
Huit titulaires de portefeuilles stratégiques, tels que les Finances, les Mines et Hydrocarbures, la Justice ou les Forces armées sont maintenus.




